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La Bibliothèque de La Fossoyeuse

Joëlle de Corte, Romancière, vous fait entrer dans son monde...

Début Tome 1 : "19 ans à jamais !"

Jaquette Tome 1 Sofydan

Jaquette Tome 1 Sofydan

En souvenir de Mamie Momo, Monique, ma belle-mère partie trop tôt....
Aux hommes de ma vie : mon mari et mes trois fils !
 

PROLOGUE

La pièce est éclairée par une simple bougie située au centre de la table. Le père de famille rentré fin saoul insulte une femme courbée en deux et tenant un bol entre ses mains. C’est la mère qui, en y regardant de plus près, semble épuisée, mais aussi ivre que l’homme. Dans un coin sombre, trois garçons rient en se frappant les cuisses, encourageant cette bagarre en usant de phrases pleines de vulgarité et d’irrespect pour ceux qui sont, on le devine aisément, leurs parents. Très rapidement, ils poussent un cri de victoire lorsque la mère jette à la tête du père le bol de vin qu’elle tient en main. Jolie victoire, en effet !

Devant le fourneau, dans un autre angle de la pièce, une jeune fille paraît égarée, ne pas être à sa place dans cette maison. Elle a les cheveux propres, la mine avenante, un doux sourire sur les lèvres et dans le regard une tristesse infinie. Elle serre autour d’elle un châle troué et ne prête aucune attention à ce qui se passe dans son dos. Elle semble concentrée, penchée sur la marmite dont elle tourne le contenu délicatement avec la grande cuillère en bois, perdue dans ses pensées… La soupe est claire ce soir, elle n’a pas trouvé grand-chose dans les détritus du marché ce matin... Il y a des mois que le père n’a plus trouvé de travail, son ivresse permanente faisant fuir les éventuelles embauches… Mais cela ne change pas grand-chose, lorsqu’il travaillait son salaire de journalier était déjà totalement englouti à la taverne du coin.
 

Ses frères, des idiots sans cervelle, suivent son exemple buvant, ripaillant et ne travaillant point. Enchainant les bagarres à travers la ville, les larcins dans les quartiers aisés pour pouvoir boire encore et encore puis se payer du bon temps auprès des filles de petites vertus. Le travail ne manque pourtant pas au port, pour de jeunes et vaillants gaillards comme eux. Mais à quoi bon se fatiguer, les bourses des nantis leur suffisent. Leurs divers séjours en prison n’apportent de positif qu’un peu de paix à la maison… Ces détentions devraient les calmer, leur faire apprécier la liberté, mais au contraire en geôle ils apprennent de nouvelles techniques pour mieux voler, cambrioler et même désormais à tuer si nécessaire ! Ils en sortent de plus en plus futés, doués dans leurs méfaits, s’échangeant entre eux leurs nouvelles connaissances afin de recommencer dans ce qu’ils disent de meilleures conditions. Ils tuent sans avoir le moindre regret de leurs actes, prenant toutes les précautions nécessaires pour ne laisser aucune trace pouvant les relier à ces meurtres !
 

À l’origine, ils étaient quatre frères, l’un d’entre eux a été tué par la police quatre ans auparavant au sortir d’un cambriolage ayant mal tourné, les bourgeois avaient riposté ne s’étant pas laissés voler sans réagir. Ce frère mort n’avait que quatorze ans, il était le plus gentil, le dernier des enfants, né moins d’un an après elle. Il prenait en compte ses efforts pour rendre la vie de la maison plus agréable et avait toujours un mot agréable pour elle, allant jusqu’à l’aider... Son décès n’avait fait qu’encourager les autres à se venger, à continuer leur mode de vie, à devenir plus mauvais et donc meilleurs dans leurs pratiques. Ils allèrent jusqu’à s’allier avec une bande d’un autre quartier malfamé, se situant à l’autre bout de Palerme, élargissant ainsi leur terrain de chasse et leurs connaissances malfaisantes !
 

La mère s’abime à servir dans une taverne d’autres ivrognes, les mêmes que ceux de sa maisonnée. Il y a bien longtemps que la honte et la mort de son plus jeune fils l’ont poussée à boire afin d’oublier ! Aujourd’hui, parfois même, elle vend son corps pour pouvoir assouvir son vice et celui des hommes de sa famille... pendant que sa fille, pour nourrir toute cette racaille, court les poubelles du marché pour trouver quelques légumes, les moins pourris. Mais la pauvrette ne peut faire la difficile et prend ce qu’elle trouve. Souvent, elle se demande pourquoi elle fait tout cela, pour cette famille, des moins que rien sans aucune reconnaissance ! Que deviendraient-ils tous si elle mourait ? La mort lui semble si attirante parfois… Des idées noires qu’elle tente de sortir de sa tête en remuant sa longue chevelure d'un noir corbeau ! Mais elle réussit de moins en moins bien à les rejeter loin d’elle…
 

Le père a tenté de vendre sa virginité, sa fleur précieuse comme il l’appelait ! Il la proposa à de riches commerçants de la ville et fit affaire avec l’un d’entre eux, envisageant de la mettre au travail après ce coup de force… La prostitution, rien que le mot lui fait horreur… elle n’a pas cédé et s’est enfuie lorsqu’elle vit qu’un homme venait la chercher avec dans les mains une bourse bien rebondie qu’il faisait sauter dans sa paume. Ainsi, ils avaient osé la vendre comme un animal, une vache qu’on mène au taureau.    

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